UNE DÉCENNIE MARQUANTE POUR LE RÉSEAUTAGE
Abraham Maslow affirme que les besoins de l’homme peuvent être classés dans une échelle. En 2001, j’ai mis sa théorie à l’épreuve dans un article intitulé « Maslow vs Messer » : www.connectuscanada.com/articles/maslow_vs_messer.pdf
Maslow avance l’argument suivant : « Lorsqu’ils ne sont pas comblés, les besoins situés à la base de l’échelle ont priorité sur les besoins des échelons supérieurs ». Il prétend que l’homme est une créature qui se nourrit de désirs; aussitôt qu’un désir est comblé, un autre prend la relève. Selon lui, ce processus est infini. Si j’applique sa théorie au réseautage, il en résulte que l’homme déploie sans cesse des efforts supplémentaires pour grimper l’échelle de ses besoins en matière de réseautage.
Dans cette ascension vers un réseautage efficace, les enjeux qui se posent reflètent le contexte économique, la diversité culturelle et le progrès technologique du moment.
Échelle messer des besoins en matière de réseautage (en personne et par la voie électronique)
- Besoins essentiels - Au bas de l’échelle se situent les besoins essentiels qui nous poussent à entrer en contact avec les autres. Nous comblons ces besoins en réseautant au travail, dans une association professionnelle, un organisme à but non lucratif ou un groupe d’affaires tel qu’une chambre de commerce. Nous assistons à des réunions, échangeons des cartes professionnelles et gardons le contact. Avec un peu de chance, nous parvenons à faire croître notre entreprise et à rencontrer de nouveaux alliés.
- Sûreté et sécurité - Une fois que nos besoins essentiels sont comblés, nous tentons de passer au prochain échelon. Nous nous préoccupons de la quantité d’information que nous pouvons partager tout en faisant croître notre entreprise. La sécurité est importante; si nous révélons trop de renseignements, nous courons le risque de perdre notre avantage concurrentiel. Si nous n’en révélons pas suffisamment, les portes du réseau risquent de se refermer. Nous créons des sites Web; nous effectuons la transition vers un monde électronique et nous sommes de plus en plus à l’aise avec le courriel. Nous élargissons notre réseau au moyen de la technologie. Nous détectons rapidement les pourriels et nous prenons les mesures nécessaires pour composer avec toute communication indésirable. Nous développons une banque de données efficace et nous tentons de l’utiliser de la meilleure manière possible, tout en respectant les règles d’éthique.
- Besoins sociaux - En raison de la diversité géographique de notre milieu de travail et de nos contacts personnels, nous avons de plus en plus recours aux moyens de communication électroniques. Nous sommes à l’aise avec nos sites Web et nos systèmes de gestion de bases de données. Nous voulons faire appel au réseautage pour trouver des personnes qui partagent notre train de vie et notre culture professionnelle. Nous pénétrons alors dans le vaste monde de la technologie et adoptons le réseau étendu regroupant dispositifs mobiles et téléphones cellulaires. NOUS devenons en quelque sorte des « répondeurs automatiques ». Nous publions nos renseignements personnels et professionnels sur des sites Web qui permettent de tisser des liens avec nos semblables. Nous avons soudainement une multitude « d’amis électroniques ». Le réseautage en personne, le réseau humain, est devenu un gruge-temps; nous avons de plus en plus recours à la technologie.
- Besoins égotistes - La technologie satisfait et alimente à la fois notre désir de visibilité. Nos habitudes de réseautage prennent beaucoup d’ampleur et nous faisons appel à tous les outils en ligne qui nous donnent l’occasion de publier nos photos, notre profil et nos réalisations. Nous voulons afficher nos réussites et révéler aux autres ce que nous sommes et ce que nous faisons. Notre réseau est élargi et il franchit maintenant les frontières. Nous obtenons et demandons des recommandations de personnes que nous n’avons jamais rencontrées en personne. Nous faisons toujours appel aux relations humaines, mais en raison de contraintes de temps, nous avons de plus en plus recours à la technologie.
- Accomplissement personnel - Nous y sommes parvenus! Nous sommes reconnus en tant qu’experts du réseautage et nous voulons partager nos contacts et nos connaissances avec nos confrères. Nous écrivons des articles, publions des livres, parlons à des associations et des organisations. Nous avons atteint un stade où nous devons partager nos connaissances, nos techniques et nos contacts. Nous devenons des mentors et nous nous penchons maintenant sur les besoins essentiels des autres, sachant que nous sommes en mesure de faciliter leur ascension dans l’échelle.
Dans mon cas, le réseautage est un aspect si important de ma vie qu’il m’est difficile de trier mes souvenirs à ce sujet. En 1998, j’animais régulièrement des événements de réseautage organisés par ConnectUs. J’invitais les gens à prendre part à ces événements, à prendre le temps de faire connaissance avec les autres et à échanger toute information pertinente et à propos avant de tenter de vendre leurs produits et services. À cette époque, mon premier livre, Effective Networking Strategies, était déjà publié et il connaissait beaucoup de succès en librairie grâce à RBC, qui en avait acheté une copie pour chacun de ses banquiers commerciaux. J’avais un site Web qui répondait à mes attentes et je développais une base de données dont la mise à jour demandait énormément d’efforts.
J’écrivais des articles sur le réseautage pour le magazine Enterprise, alors nommé Small Business Canada. Je jonglais avec l’idée de travailler pour une publication destinée aux femmes d’affaires; grâce à Hayden Bradshaw et à sa vision, j’ai eu la chance de devenir rédactrice en chef du magazine BusinessWoman Canada.
J’ai travaillé activement sur le sujet du développement du commerce mondial et j’ai agi comme « entremetteuse » pour deux forums internationaux destinés aux femmes d’affaires et tenus à Washington et à Toronto. Ces forums étaient organisés par le MAECI et commandités par RBC.
Les organismes de développement économique des quatre coins du pays ont commencé à reconnaître la force du réseautage efficace et conforme à l’éthique, et on m’a invitée à animer des ateliers et à faciliter le développement du commerce interculturel. J’ai fondé Nous choisissons le Canada, un site Web interactif dans lequel les personnes peuvent livrer leur témoignage sur les raisons qui les ont poussées à venir vivre, travailler et élever une famille au Canada. Lors du lancement, nous avons obtenu une couverture médiatique complète à la radio, à la télévision et dans les journaux de partout au pays.
Le milieu de l’éducation a réalisé que le réseautage n’était pas un sujet à l’étude; j’ai donc été invitée à m’adresser à des étudiants de niveau secondaire, collégial et universitaire.
J’ai coécrit un livre sur le mentorat des jeunes et j’ai collaboré à des publications telles que Career Options, un magazine qui était distribué dans tous les établissements d’enseignement collégial et universitaire au Canada. J’ai élaboré une approche systématique du réseautage que les étudiants peuvent adopter lorsqu’ils désirent amorcer leur carrière. J’ai lancé le concept « RISE » – rapport, information, solutions, éthique.
De 1998 jusqu’à tout récemment, j’ai animé une émission de radio et de télévision, toutes deux axées sur le développement de relations et sur l’art du réseautage efficace. L’émission de radio s’intitulait « World of Women » et l’émission de télévision, « The New Economy ». Grâce à ces tribunes, j’ai pu élargir mon public et susciter l’enthousiasme pour mon approche du réseautage. Peu de temps après, les adeptes de ma méthode se sont mis à utiliser mes trois questions essentielles lorsqu’ils se présentent. « Qui êtes-vous? Que voulez-vous? Qu’êtes-vous prêt à partager? » À la lumière du nombre grandissant de personnes désireuses de faire appel au réseautage pour faire croître leur entreprise, nous avons développé une série d’ateliers nommés « La puissance de l’affinité positive » (The Power of Positive Linking), aujourd’hui reconnu comme l’un des programmes de formation en réseautage les plus complets qui soient.
Pour moi, le réseautage, ça signifie rencontrer des gens, échanger de l’information et trouver des manières de s’entraider. Ces jours-ci, je reçois des centaines de courriels m’invitant à joindre des groupes de réseautage en ligne, à présenter une personne que je connais à une autre ou à recommander les produits ou services de quelqu’un. Je ne recommande jamais une personne ou une entreprise avant d’avoir établi une relation avec elle. Je dois me familiariser avec elle avant de pouvoir la recommander. Je ne m’intègre pas aux groupes de réseautage en ligne; ceux-ci ne m’attirent tout simplement pas.
J’écris régulièrement un bulletin qui est envoyé à des personnes qui m’ont donné la permission de le faire. Je continue d’organiser des événements et, de temps à autre, je conseille un groupe sélect d’entrepreneurs qui ont recours à mon système. J’aide les entreprises à renforcer leur marque et à utiliser le média électronique à bon escient.
J’établis des contacts et j’obtiens du travail en me conformant toujours aux règles de l’éthique. Je fais et j’obtiens des recommandations, mais seulement pour et par des personnes que je connais et respecte. J’ai grimpé chaque échelon de l’échelle de Maslow.
J’ai moi-même commencé par répondre aux besoins essentiels en survivant dans un milieu qui en était à ses balbutiements. J’ai relevé les défis liés à la sûreté et à la sécurité en m’assurant de ne pas abuser de mon réseau et de ne pas révéler une trop grande quantité d’information sans être récompensée dans une mesure égale. J’ai comblé mes besoins sociaux en lançant un projet nommé Équipes pour la réussite (Success Teams) dans le cadre duquel j’ai pu travailler de concert avec d’autres et tirer parti du travail collaboratif pour atteindre des objectifs communs. Mon ego a été flatté lorsque des intervenants de l’industrie et du gouvernement ont reconnu mes idées en me remettant des prix. Je me suis accomplie personnellement – j’ai redonné à de nombreuses personnes méritantes qui ne pouvaient se permettre mes services en travaillant de manière bénévole et en partageant mes connaissances et mes ressources sur le réseautage. À titre de mentor pour les entrepreneurs, les jeunes, les personnes traversant une période de transition et les professionnels formés à l’étranger, je pratique ce que je prêche. J’ai recours au réseautage efficace et conforme à l’éthique pour atteindre mes objectifs et j’apprends aux autres à faire de même.
I did this by volunteering and sharing my networking knowledge and my resources. As a Mentor for entrepreneurs, youth, people in transition and foreign trained professionals - I walk my talk. I use ethical, effective networking to achieve my goals and I teach others to do the same.
Finalement, à bien y penser, le réseautage n’a pas tellement changé. Il s’agit toujours de personnes qui en aident d’autres. Il s’agit aussi de prendre le temps d’écouter et de songer aux personnes qui gagnent à être connues d'autres personnes que vous connaissez. Il s’agit enfin de faire les présentations et de s’assurer que les deux parties respectent les règles de l’art. Que ce soit en personne ou en ligne, le réseautage est fondé sur les relations – il s’agit toujours d’un processus essentiel, opportun et conforme à l’éthique!
Donna Messer est l’une des principales expertes en réseautage au Canada. Elle est fondatrice de ConnectUs Communications Canada, auteure du succès de librairie Effective Networking Strategies, conférencière et conseillère en affaires. Vous pouvez joindre Donna à l’adresse suivante : www.connectuscanada.com
12 étapes pour le réseautage en personne
- Familiarisez-vous avec votre public - Faites des recherches avant l’événement. Quelles personnes y assisteront?
- Munissez-vous des bons outils - Portez un veston muni de deux poches. Utilisez la poche droite pour vos cartes professionnelles et la poche gauche pour les cartes que vous recevrez. Apportez une bonne quantité de cartes professionnelles!
- Déplacez-vous - Mêlez-vous à la foule et ayez l’air confiant et souriant. Votre langage corporel doit signifier que vous êtes abordable.
- Partez du bon pied - Le matin, votre première destination est le buffet du petit-déjeuner. Parler et manger vont de pair; il s’agit d’une excellente occasion de briser la glace.
- Faites connaissance - Étudiez la foule et les insignes porte-nom et établissez toujours le contact visuel. Lorsque vous vous adressez à quelqu’un, utilisez toujours son nom.
- Un, deux ou trois? - Le réseautage en tête à tête est le plus efficace. Deux personnes qui discutent ne voudront sans doute pas être interrompues par un tiers. Il est plus facile de s’intégrer à un groupe de trois personnes ou plus.
- Renseignez les autres à votre sujet - Répondez aux trois questions suivantes – Qui êtes-vous? Que voulez-vous? Comment pouvez-vous aider ces personnes?
- Serrez-leur la main - Tendez la main en premier. Il s’agit d’un signe manifeste que vous désirez interagir.
- Familiarisez-vous avec eux - Lorsque vous discutez avec des étrangers, posez des questions à développement pour déterminer de quelle manière vous pouvez tirer parti de l’occasion.
- Échange de cartes professionnelles - Demandez leur carte professionnelle avant d’offrir la vôtre; cela paraît moins prétentieux. Prenez des notes au dos de la carte si vous devez communiquer à nouveau avec la personne.
- Gagnant-gagnant - Soyez l’élément rassembleur. Cela incite vos contacts à faire de même.
- À bientôt! - Prévoyez communiquer à nouveau avec chaque personne au cours de la semaine suivante. Assurez le suivi au moyen d’un appel téléphonique, d’un courriel ou d’une rencontre.

